Lorsqu’on anime nos ateliers de sensibilisation à l’écologie, on est souvent confrontés à des participants qui ne voient pas l’intérêt des petits pas, et l’impact des différentes actions. On a donc décidé de creuser le sujet et de comparer les émissions de CO2 (dioxyde de carbone) des différents secteurs en France. Vous comprendrez enfin pourquoi on recommande d’éviter la viande, ou de prendre l’avion !

Les données sont basées sur le rapport Secten de juin 2026, le rapport de référence en France. Il fournit des chiffres sur l’année 2025.

Comprendre les émissions de CO2 : définitions, effets et enjeux climatiques

Comprendre les émissions de CO₂ secteur par secteur, c’est mettre des chiffres sur l’impact réel de nos activités.

L’empreinte carbone désigne la quantité totale de gaz à effet de serre – notamment le dioxyde de carbone (CO₂) – émise dans l’atmosphère par une activité humaine, un produit ou un secteur. Exprimée en tonnes de CO₂ équivalent, elle permet de quantifier l’impact environnemental d’un pays, d’une entreprise ou d’un mode de vie.

Lorsqu’on évalue l’empreinte carbone d’un secteur, il s’agit de mesurer, sur une année, l’ensemble des émissions générées par ses activités (transports, agriculture, industrie, etc.). Cet indicateur devient alors un levier de compréhension et de mobilisation : il révèle les leviers d’action prioritaires et offre une lecture précise des responsabilités sectorielles. En France, cette analyse est essentielle pour suivre nos engagements climatiques et adapter nos politiques publiques.

Transports, agriculture, industrie, bâtiments, énergie, déchets… Quels secteurs sont les plus gros émetteurs de gaz à effet de serre ? Cet article fait le point sur la répartition des émissions de CO₂ par secteur, en France. Vous découvrirez quels sont les postes les plus polluants, et pourquoi certains secteurs concentrent l’essentiel des actions à venir.

Émissions de CO2 : quel est l’impact sur la planète ?

Le CO2 est un gaz à effet de serre, produit naturellement par notre respiration mais aussi par la combustion des énergies fossiles ou des arbres (par déforestation). 

L’effet de serre est un processus qui permet de garder la chaleur qui vient du Soleil, et qui a contribué à la vie sur Terre. Sans lui, la température serait de -15°C ! Cependant, les émissions des gaz à effet de serre (CO2, méthane (CH4), dioxyde d’azote(NO2)) ajoutées par l’homme contribuent à augmenter ce processus, et à réchauffer la planète. Un peu comme si on avait une couverture autour de la Terre, et qu’on y rajoutait des plumes ! Le dioxyde de carbone est le gaz à effet de serre majoritairement responsable du réchauffement climatique, et émis en grande partie à cause des activités humaines.

L’effet de serre additionnel vient majoritairement de la combustion des énergies fossiles (pétrole, charbon et gaz naturel) qui sont de la décomposition de matières vivantes depuis des milliers d’années. Il vient également du méthane, un gaz fossile, qui a un pouvoir réchauffant 25 fois plus élevé que le CO2. Pour faciliter les comparaisons, on transforme les valeurs des différents gaz à effet de serre en équivalent CO2, noté CO2eq. 

Afin de lutter contre le changement climatique, les pays les plus émetteurs de CO2 se sont réunis pour signer des accords en vue d’une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le 1er accord, le protocole de Kyoto, a été signé en 1997 et est entré en vigueur en 2005. En novembre 2016, l’accord de Paris oblige les états signataires à réduire les émissions de 55% en 2030 par rapport à 1990.

Ce graphe nous montre les évolutions des émissions mondiales de CO2 en fonction des différents scénarios du GIEC. Dans les 2 scénarios du bas, la neutralité carbone est atteinte et les émissions globales deviennent négatives : le CO2 est stocké.

Émissions de CO2 : où en est la France, secteur par secteur ?

Le transport, principal émetteur de CO2

Maintenant que vous avez compris comment est produit l’effet de serre additionnel, vous ne serez donc pas surpris de voir en 1ère place du classement… les transports ! Le secteur des transports est le premier émetteur de CO2 en France, représentant à lui seul 34,2% des émissions nationales de gaz à effet de serre. Le transport routier en constitue la majeure partie (93%), dominé par les voitures individuelles, responsables de plus de la moitié de ces émissions. Le transport aérien, souvent pointé du doigt, représente 3% des émissions.

Dans le rapport sont pris en compte les émissions liés à la combustion de gaz (échappement), les équipements de climatisation, l’abrasion des pneus et plaquettes, et l’usure des routes. Le transport international, avec départ ou arrivée en France est exclu du total national. On n’aborde donc pas les croisières, les porte-containeurs et l’aviation internationale. 

Les émissions de GES du secteur des transports augmente entre 1990 et 2000, avant de diminuer progressivement. La baisse actuelle s’explique par le déclin des ventes de véhicule diesel et l’augmentation du prix du carburant, le covoiturage et l’utilisation des transports en commun. 

Cependant, le secteur des transports a des réductions inférieures à la SNBC, stratégie nationale bas carbone, une feuille de route qui fixe les émissions de CO2 par secteur et par période. On devrait réduire de 2%/an en moyenne quand on est à 1%/an en moyenne. C’est en partie à cause d’un plateau sur les performances des véhicules thermiques neufs, une augmentation des ventes de SUV et un report des émissions des poids lourds vers le fret fluvial et ferroviaire assez faible, ainsi qu’une hausse de la demande (plus de déplacements des français). Les pistes d’actions pour atteindre cet objectif est de favoriser l’essor des véhicules électriques. En 2024, ils représentent 17% des immatriculations, et 9% pour les hybrides rechargeables, mais 2,5% de l’ensemble des véhicules particuliers. L’objectif est également d’aller vers plus de sobriété et de transports en commun. 

Avec une moyenne de 11 600 km parcourus en voiture chaque année par Français, et 75% des actifs se rendant au travail en voiture, l’impact environnemental de la voiture individuelle est le plus important.

répartition des émissions de CO2 du secteur du transport

L’agriculture : Le 2ème secteur qui émet le plus de CO2

Ce secteur comprend principale les émissions de l’élevage et des cultures en France. Les aliments importés (par exemple le soja) ne sont pas pris en compte. Les 2 gaz à effet de serre principaux sont le méthane (55%) à cause de la fermentation des ruminants et du lisier, et le protoxyde d’azote (N20) (29%) à cause des pesticides. 

répartition des GES de l'agriculture en France

Les émissions de CO2e ont diminué de 17% entre 1990 et 2024 avec la baisse du nombre de bovins et une baisse d’utilisation des engrais. La taille du cheptel continue de baisser, mais l’utilisation des engrais et pesticides stagne, voire augmente.

Le secteur de l’agriculture émet des polluants atmosphériques, notamment des particules, du NH3 (ammoniac) et du COVNM (composés organiques volatiles non méthaniques). Ces substances ont un impact important sur la qualité de l’air. Les moyens de les réduire est d’utiliser des engrais moins émissifs, et des épandages plus précis. En retour, l’agriculture est impactée par la pollution de l’air : la pollution par l’ozone crée une perte de 14% des rendements de blés en 2000.

Le secteur émet la quasi-totalité de l’ammoniac français (96%), 81% du protoxyde d’azote et 71% du méthane. 

La réduction des émissions de gaz à effet de serre du secteur agricole est difficile pour deux raisons différentes selon les gaz :

Pour le méthane (CH₄), qui provient principalement de la fermentation entérique des ruminants (digestion des vaches) et de la gestion des déjections animales, les leviers sont très limités. Ce processus biologique est nécessaire à la bonne santé des animaux, qu’il est impossible de supprimer. Les solutions envisagées — ajustements de l’alimentation animale (apport de lin par exemple), sélection génétique, méthanisation — permettent des réductions marginales mais pas une transformation radicale.

Pour le protoxyde d’azote (N₂O), qui représente 81 % des émissions nationales et provient de la chimie et de la biologie des sols lors des réactions de nitrification-dénitrification après épandage d’engrais azotés, les leviers sont également contraints. Ces émissions sont très dépendantes des conditions climatiques (les plus fortes émissions ont lieu après les épandages et après des épisodes pluvieux), ce qui entraîne une très forte variabilité entre les années et rend difficile tout pilotage précis. De plus, l’optimisation de la fertilisation azotée est déjà bien avancée, et il est difficile de prévoir une réduction forte dans les années futures.

origine des émissions de gaz à effet de serre de l'agriculture

L’industrie et la construction : La 3ème source d’émissions de CO2 en France

Les émissions de gaz à effet de serre ont baissé de 56% entre 1990 et 2024, alors que les émissions de CO2 françaises ont baissé de 33% sur la même période. Nombre de nos activités manufacturées ont également été délocalisées, leurs émissions ne comptant plus dans ce rapport. Ce secteur prend en compte tout le secteur de la construction et de l’industrie manufacturière : chimie, construction (de bâtiments et de route), agro-alimentaire, papier, construction de voitures, etc…

Dans ce secteur, la chimie est le principal contributeur avec 24% des émissions, puis l’agro-alimentaire à 12%, les minéraux non-metalliques et matériaux de construction (24%) et métallurgie (18%). Les baisses sont cohérentes avec les objectifs de la stratégie nationale bas carbone. 

Sans la taxe carbone, les émissions de CO2  seraient de 5% plus élevées. 

Si ArcelorMittal change ses hauts fourneaux par des aciéries électriques et hydrogènes, cela baisserait la réduction des émissions de CO2 de 6% de toute l’industrie. 

L’industrie émet 19% des émissions de CO2 en France. La chimie est à elle seule responsable à 19% de ces émissions (pour faire notamment de l’acier). 

L’usage des bâtiments : 4ème secteur qui émet le plus de CO2

Ce secteur comprend le chauffage, la climatisation, l’utilisation des produits domestiques (peinture, colles, etc…), les engins de loisirs et jardinage, le tabac, feux d’artifices et les déchets et brulages domestiques. Les émissions liées à la combustion sont en baisse, notamment grâce à l’usage grandissant des granulés. Ce secteur dépend fortement des conditions climatiques.L’enjeu principal est de réussir à baisser les émissions de gaz à effet de serre et la pollution atmosphérique. Ainsi, la biomasse solide (bois) a un impact positif sur les émissions de GES mais négatif sur les émissions de particules. 

Les chauffages électriques ou réseaux de chaleurs sont comptabilisés dans le secteur « énergie ». 

Ce secteur contribue pour plus de 50% à 8 polluants que sont notamment le HFC, le monoxyde de carbone, le carbone suie et les particules (PM1,0 et PM 10).

Les émissions de ce secteur sont relativement stables depuis 2023.Les baisses sont font par une diminution de la consommation de gaz et de fioul et une rénovation des bâtiments.

Les actions idetifiées sont de rénover le parc des logements pour éradiquer les passoires thermiques en 2035-2040, diminuer d’au moins 60% les chaudières au fioul et de 20% les chaudières à gaz. 

45% des émissions de HFC de ce secteur sont dues à la réfrigération tertiaire (frigos des supermarchés par ex), 21% à la climatisation tertiaire et 16% à la climatisation domestique. Ces émissions ont fortement diminuées grâce à la réutilisation du fluide, des fuites plus faibles et un fluide modifié, qui a un pouvoir de réchauffement plus faible.

emission de gaz à effet de serre usage des bâtiments

L’énergie est le 5ème secteur qui émet le plus de CO2

Ce secteur comprend toutes les émissions de la production, transformation, extraction et distribution d’énergie, c’est-à-dire les centrales, les incinérateurs et les raffineries.

répartition des émissions de CO2e de l'énergie en France

Depuis 1990, l’utilisation du charbon dans la production d’électricité a fortement baissé, alors que le gaz naturel a augmenté. Les consommations de charbon et de fioul ont lieu davantage dans les outre-mer, même si les centrales se convertissent aux biocombustibles. La production du nucléaire a diminué entre 2020 et 2022 à cause d’arrêts de maintenance, mais repart à la hausse depuis 2022. La filière d’énergie renouvelable dépend fortement de la météo et compte pour environ 25% de la production totale. L’année 2024 a été marquée par une production hydraulique forte, qui a chuté en 2025 à cause de précipitations plus faibles. Le photovoltaïque, en revanche, a bien augmenté. 

origine électricité française

En 2024 et 2025, la production d’électricité bas-carbone a représenté 95% de la production nationale. La France est un pays nettement exportateur d’électricité. 

Globalement, les émissions de l’énergie sont fluctuantes, le Covid ayant réduit la demande mais l’arrêt des réacteurs ayant forcé le recours aux fossiles. Ce secteur dépend également de la météo. 

Les déchets : 6ème secteur qui émet le plus de CO2

Dans cette section sont comptabilisées les activités relatives au traitement des déchets solides, traitement et rejets des eaux usées domestiques et industrielles. Cela ne prend pas en compte l’incinération avec récupération d’énergie, qui est compté dans l’industrie de l’énergie, ni le brûlage domestique, comptabilité dans l’utilisation des bâtiments. Le ramassage et le transport sont quant à eux comptés dans les transports. Les données sont celles de 2022. La France est le second plus gros producteur de déchets de l’Union Européenne, derrière l’Allemagne. Nos déchets représentent 15,7% du total de l’UE, mais une moyenne par habitant égale à la moyenne de l’UE, de 5,1T par habitant (en comptant les déchets industriels). 

Depuis le 1er janvier 2024, une solution de compostage est obligatoire pour tous les français. 

Le méthane est le principal gaz à effet de serre émis par le secteur, et représente 20% des émissions nationales de ce gaz . Cela est du à l’enfouissement des déchets, qui émettent du méthane en se décomposant. 

Le secteur des déchets émet également du mercure (6% des émissions nationales), avec l’incinération de nombreux objets du quotidien : piles, thermomètres, lampes fluorescentes… 

De nombreux polluants sont également émis par les boues résiduelles du traitement des eaux usées. Lorsque l’eau est traitée, les résidus solides, qu’on appelle boues, sont souvent incinérées et les polluants sont émis par les fumées de combustion. 

Seul le CO2 émis par la combustion d’incinération de matières plastiques est synthétique, d’origine fossile, est comptabilisé. Le CO2 émis par l’incinération de matières naturelle (papiers, bois, déchets alimentaires) est considéré comme neutre, le carbone ayant été absorbé par la photosynthèse. 

Les déchets émettent donc assez peu de CO2, mais beaucoup de méthane. Ce dernier gaz est majoritairement produit à cause de l’enfouissement : ce processus d’évacuation des déchets est responsable à lui seul de 76% à 84% des émissions totales des GES du secteur selon les années. L’incinération émet d’autres polluants qui dégradent la qualité de l’air. La solution est d’augmenter le recyclage et baisser la quantité de déchets.

Les objectifs de la stratégie nationale bas carbone (SNBC) ne sont pas respectés sur les déchets. Les moyens de baisser ces émissions est de diminuer la quantité de déchets produites avec du réemploi, de la réparation, du tri à la source.

Malgré tout ce qui est mis en place, il y a quasiment pas de baisse des émissions de gaz à effet de serre du secteur des déchets depuis 2016. C’est du au fait que les décharges ne captent pas plus de biogaz, et qu’il y a plus de stockage en 2018, avant de redescendre en 2020. Ce rebond du stockage est la cause de la fermeture des frontières chinoises pour l’importation de déchets. La fin de l’enfouissement est prévue pour 2030.

émissions de CO2 déchets

L’évolution de nos émissions de CO2 en France

Variabilité des émissions de CO2e en France
Source : rapport du Secten 2026

Entre 1990 et 2005, nos émissions de GES ont relativement stagné, puis ont commencé à baisser à partir de 2005. Les variations internanuelles s’expliquent par de nombreux facteurs, notamment par les températures hivernales, les crises économiques et la disponibilité des centrales nucléaires. Sur le long terme, la tendance est plutôt à la baisse grâce à l’évolution du mix énergétique, des modifications des comportements et à la diminution de l’usage du fioul.

évolution des émissions de CO2e en France

Entre 2018 et 2019, les émissions ont diminué en raison d’une baisse d’utilisation du fioul domestique, ainsi qu’une augmentation du prix des quotas CO2 qui a freiné le recours au charbon. L’année 2020, marquée par le Covid et un hiver doux, a permis une baisse massive de nos émissions, avant un rebond en 2021.  

Réduire les émissions de CO2 par secteur : quelles solutions ?

Pour réduire les émissions de CO2, chaque secteur peut adopter des mesures spécifiques :

  • Transports : encourager le vélo, les transports en commun, le covoiturage et l’électrification des véhicules.

  • Agriculture : limiter l’élevage intensif, améliorer la gestion des engrais, promouvoir les circuits courts.

  • Industrie : moderniser les procédés industriels, utiliser des énergies renouvelables, relocaliser la production bas carbone.

  • Bâtiments : renforcer l’isolation, remplacer les chaudières à gaz par des pompes à chaleur, privilégier des matériaux écologiques.

Grâce à cet article, vous comprenez maintenant pourquoi !

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Sources

https://www.alphabet.com/fr-fr/a-propos-alphabet/actualites-presse/3-quarts-des-francais-utilisent-une-voiture-pour-se-rendre-au-travail.html

https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-transport-2021/38-emissions-de-co2-du-transport

Rapport Secten 2026

FAQ : Émissions de CO2 par Secteur

Quel transport émet le plus de CO2 ?

Le transport routier est de loin le mode de transport le plus émetteur de CO₂. Il représente environ 94 % des émissions du secteur des transports en France, avec en tête les voitures individuelles, responsables de plus de la moitié de ces émissions.

Comment peut-on contribuer à la réduction des émissions CO2 ?

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